Se surpasser au-delà de l’effort, avec un trek dans l’Himalaya

By on 4 novembre 2018
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Photo Jacques Galluccio

Connaissons-nous notre limite physique et mentale ? Avons-nous souvent l’occasion de les exploiter ? Nous avons chacun des épreuves qui nous enseignent la patience par exemple. mais soyons franc : nous avons pour la plupart d’entre-nous un certain confort en Occident. Au prix des loyers en Ile-de-France, vivre en HLM est même devenu un privilège.

Actuellement, on a les migrants par exemple qui sont allés au bout des limites en ayant traversé le Sahara, la Méditerranée, les Alpes… ils ont pu exploiter une grande partie de leurs capacités mentale et physique. et encore, ils ont beau être arrivés en Europe, ils vivent pour la plupart dans des tentes, dans le froid, la boue… Au moins ils nous permettent d’avoir des hassanets !

Mais, en voyageant, nous pouvons troquer des vacances all-inclusives contre des experiences physiques et humaines comme faire un trek par exemple.

Et j’ai eu ce privilège, avec la grâce d’Allah, d’aller faire un trek dans l’Himalaya, jusqu’au camp de base de l’Everest à 5356 mètres d’altitude ! Ce trek a été organisé par Karim avec son association La Rando, que je salue pour sa sympathie et son professionnalisme.

Je ne vais pas vous décrire les 12 jours de trek, mais plutôt développer des thématiques le long de ce périple.

Katmandou la perchée

Avant d’aller faire ce trek, tout d’abord atterrissage dans la capitale népalaise : Katmandou. Perchée à 1400 mètres, elle est connue pour être un ancien refuge des hippies, la fin de leur périple après être venus de l’Inde, où la drogue était en vente libre au pays de Bouddha. Cherchant le bonheur ultime et psychédélique, entre spiritualité et montagne, ils ont, pour la plupart, terminé à se droguer dans des hôtels et appartement miteux de la rue Freak Street notamment, trop affaiblis pour faire quoi que que se soient.

Il reste encore des vieux hippies restés bloqués dans la capitale népalaise fumant des roulés. La drogue est dorénavant interdite, mais largement disponible. N’ayant pu trouver de fatwa m’autorisant à prendre de l’opium, je n’ai pas pu en tester. On a de jeunes touristes en Desigual voulant refaire le trip de leurs aînés, où avec de la chance, ils trouveront des films de Godard. Mais dorénavant, la majorité de touristes sont les trekkeurs restants quelques jours au quartier de Thamel avant leur périple. Situé au centre de la ville, ce quartier regorge d’hôtels, restaurants et d’innombrables boutiques pour s’équiper avant un trek à prix dérisoire, après négociation ! Certes, vous aurez du fake North Face mais qui fera largement l’affaire, ça reste comme des vrais, du made in China. Vous pouvez venir sans rien, ou perdre votre valise, et vous n’aurez aucun problème à vous équiper de la tête aux pieds.

Thamel by night. Photos Jacques Galluccio

Généralement, en caricaturant un peu, un randonneur est perçu en France comme une personne aimant la nature, sensible aux questions écologiques et développements durables, manger bio… Des thématiques dont les musulmans s’emparent de plus en plus. A Thamel, tu n’es qu’un consommateur venant d’Occident, le trek est une niche comme une autre.

Le bouddhisme est l’hindouisme sont les 2 religions majoritaires au Népal. Les lieux de culte et statues sont omniprésents. On a des couples mixtes, c’était le cas des parents d’un employé de l’hôtel, qui hésitait à choisir entre ses deux religions, choix dur… On reviendra dans un prochain article sur la religion dans ce pays.

Bruyante, poussiéreuse, les motos s’entremêlent aux voitures dans les rues étroites, où les coups de klaxon sont incessants, et où en tant que touriste, tu essayes de ne pas te faire tamponner. Elle fait penser à une ville du bled, mais en bien pire !

Quelques jours de visite de la ville avant le trek, et l’occasion de se connaître entre les membres du groupe. Les affinités se créaient, rigolade, bonne ambiance au restaurant, et à l’hôtel.

Les 2 roues omniprésents. Noter les câbles électriques  en haut défiant toutes normes en vigueur en France ! Photos Jacques Galluccio

Atterrissage à Lukla le début d’une longue expérience

Pour commencer le trek, direction Lukla, en avion. En effet, ce qui va mettre 40 minutes par les airs prendrait 2 jours en bus. Notre guide francophone Kishan avait pris les billets en avance pour le premier vol. Le fait de ne pas avoir improvisé ce trek sur place nous a permis de prendre l’unique vol de la journée par la grâce d’Allah le tout-puissant. En effet, les conditions climatiques à Lukla font que bien souvent les avions ne peuvent atterrir et décoller. Certains trekkeurs doivent attendre jusqu’à 3 jours. L’aéroport de Lukla a la particularité d’être l’un des plus dangereux au monde ! Niché à 2800 mètres, il est composé d’une simple piste de 500 mètres en pente, à flanc de colline. Les applaudissements pour le pilote ne sont pas volés. C’est tout juste si on ne lui donnait pas un pourboire !

Atterrissage à Lukla

S’acclimater pour mieux grimper

L’une des clés pour bien réussir un trek en altitude est l’acclimatation. Plus nous montons en altitude, moins nous avons d’oxygène, nous devons produire des globules rouges afin de favoriser le transport d’oxygène. C’est pour cela que le trek est long et progressif. Dès le deuxième jour à Namche Bazaar, nous faisons une fausse pause. En effet, pour s’acclimater, nous devons rester dans ce village à 3400 mètres d’altitude, où dans la journée nous montrons juste une colline et la redescendrons dans la matinée.

La mauvaise langue que je suis croyait que cette journée de repos était destiné à nous faire consommer dans le village. En effet, à Namche Bazaar, il y a des distributeurs de roupies, change, boutiques de trek, restaurants, pubs, chichas… Mais non, il faut vraiment s’acclimater, être entraîné ne suffit pas face au mal aigu des montagne. Entre Thamel et ici, l’altitude me révèle, que, peut-être suis-je un libéral que ne s’assume pas ?

Namche Bazaar. Photo Jacques Galluccio

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About Jack

Directeur de la publication. Jacques, Jack, Ismaël. Plusieurs pseudos pour une seule personne ! Revenant à l'Islam depuis pas mal d'années, grâce à Allah, ma vie a été chamboulée non sans regret. Comédien de formation, humoriste, auteur, vadrouilleur dans le monde mais surtout à Paris. Je souhaite faire partager le quotidien d'un musulman à travers ce webmagazine, avec des articles et des vidéos.

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